Emotions... du 1er au dernier jour!


Ouverture officielle ! Nous sommes le 20 juin. Un peu impressionnés au départ par la taille des casseroles, notre soupe fleure finalement bon le Laos, et notre dhal a belle allure. Au moment de servir, j’avais envie d’annoncer les plats, et de faire un petit discours pour souhaiter la bienvenue à nos premiers convives. Mais voilà, ma voix s’étrangle après 3 mots et je me retrouve les yeux tout mouillés… pourtant, les présentations en public, j’ai l’habitude ! Mais là c’est pas pareil...

Pour mon anniversaire, je m’offre une petit escapade à l’aube, pour monter admirer le lever du soleil. Un sifflement me fait sursauter…c’est un bouquetin qui se trahit ainsi, si proche, si majestueux ! Juste après, tout une famille de chamois, qui détalent en file indienne à ma vue. Le plus jeune, encore tout frétillant de curiosité, s’offre encore une léchée du sel des vaches. Je m’approche, me fige avant qu’il ne se retourne. On dirait que nous jouons à «1,2,3...soleil !». Ce petit jeu m’amène à 15 mètres du cabri, avant qu’il ne rejoigne les siens en sautillant. De là haut, le gîte est si petit ! Comme c’est étrange…notre univers, notre petite bulle depuis 3 mois paraît minuscule, au milieu de l’immensité. Un flash de relativité !

Le même soir, le temps tourne d’un coup. Une bourrasque phénoménale renverse le mât, arrache les drapeaux de prières, retourne les toilettes. Tout s’envole ! On se précipite dehors. Lutte contre le vent pour ne pas vaciller, mettre tout ce qu’on peut à l’abri, limiter les dégâts. Nous réparerons la casse les jours suivants. Le mât doit attendre qu’une bonne âme nous achète du ciment, que nous puissions descendre le chercher à Derborence avec les ânes, pour lui refaire un socle solide. Comme ça fait vide sans le claquement de nos drapeaux colorés au-dessus du gîte !

Ce jour là – chose exceptionnelle – j’étais sur le point de m’octroyer une petite sieste… lorsque tout à coup j’entends de sous ma couette «attendez là, je vais les avertir que nous arrivons avec 40 sauvages !». Adieu petit roupillon, à l’action ! Ce sont 2 classes de Crissier, qui ont besoin d’un petit remontant, dévorent tous nos brownies et font son sort à notre stock de rivella. Des jeunes à qui la montagne était étrangère. Une ambiance difficile a poussé leurs profs à les emmener sur le tour du Muveran, où chaque col est - comme dans la vie - un obstacle à surmonter. «Ca passe ou ça casse». Et ça passe ! Boitillants, éreintés, qu’ils sont fiers de nous raconter leur périple et tous les animaux qu’ils ont aperçu en chemin ! Nos bravos en guise de haie d’honneur, nous suivons leur descente du regard, touchés et heureux de cette rencontre.

Pris dans la valse du quotidien, nous vivons au jour le jour, sans recul. Anticiper, mijoter, enfourner, accueillir, improviser… Il nous aura fallu tout un été, la fermeture, les rangements, la clôture, quelques ballades sur d’autres montagnes, pour un soir, au coin du feu, d’un coup réaliser : On l’a fait ! Gardiens de cabane !

… on remet ça l’été prochain ? Oh ouiiii !!!


Carine, le coeur rempli pour tout l'hiver

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